Recherche
 
Fermer
 
 
rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
https://psychologue-clinicienne-montpellier.fr/data/fr-articles.xml

Rencontre avec Ryan, enfant passionné, diagnostiqué “haut potentiel”

Un élève de 11 ans qui fait ses devoirs un mercredi après-midi, c’est assez courant. Mais lorsqu’il s’agit de chinois,
ça devient plus étonnant. Étudier le mandarin, c’est pourtant l’un des vœux de Ryan,
un enfant diagnostiqué à haut potentiel à 7 ans. Canal9 l’a rencontré.

 

Enfant précoce ou à haut potentiel, personne encombrée de surreficience (mentale et même zèbre toutes ces appellations font apparaitre les tâtonnements qui ont encore lieu quand il s’agit de qualifier les dispositions humaines qui sortiraient de la norme.) Dans la littérature internationale le terme consacré aux Etats Unis est « GIFTED ». Ce qui signifie « doué » alors qu’en Europe l’expression utilisée est « HIGHT ABILITY » littéralement « aptitude élevée. »

Qui dit enfant à haut potentiel pense à mesure du quotient intellectuel QI (égale ou supérieure à 120/130). Selon les pays les échelles d’intelligence les plus utilisées sont les échelles de Weschler , le Wisc IV , les tests qui permettent de calculer le QI sont nécessaires mais n’ont pas de VALEUR en soi sans l’appui d’autres éléments cliniques et données d’explorations complémentaires.

Pour Jeanne Siaud Facchin être surdoué s’entend par sa capacité à penser dans un système différent. C’est disposer d’une forme d’intelligence particulière où l’on grandit avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante qui marquent la personnalité. L’enfant n’a pas un « plus » malgré la terminologie ambiguë des termes utilisés, n’est pas un génie qui aurait tout reçu. C’est la différence qui est significative chez l’enfant surdoué et non la supériorité intellectuelle. 45% des enfants diagnostiqués redoublent, 20% n’atteignent pas le bac.

Le fonctionnement spécifique des enfants à haut potentiel repose sur plusieurs points :

Des particularités physiologiques du fonctionnement cérébral visibles grâce à des techniques d’imagerie médicale.

Le besoin d’un seuil d’activation du cerveau pour s’investir intellectuellement, l’enfant doit s’investir physiquement (comportement d’hyperactivité)

Une dyssinchronie interne le décalage entre l’intelligence et la psychomotricité, entre l’intelligence et l’affectivité.

Une dyssinchronie sociale avec les parents à l’école avec les autres enfants.

Des difficultés motrices fréquentes (en sport ou en activités graphiques)

La personnalité d’un enfant à haut potentiel

L’hypersensibilité s’observe chez tous les enfants HP (Haut potentiel). Ils disposent de capacités sensorielles très supérieures et performantes. Cette exacerbation des sens nommé hyperstésie élargit sa perception du monde. Il ressent en qualité et quantité une multitude d’informations imperceptibles pour la majorité des gens. Il ressent tout et tout le temps. Le bouillonnement émotionnel est constant et envahit l’ensemble de la personnalité. L’ingérence affective se retrouve aussi dans le fonctionnement intellectuel (écorché vif).

Le sens de la justice lui est nécessaire. La vérité est un paramètre indissociable de sa capacité de penser et de son fonctionnement affectif.

L’empathie est une capacité naturelle sur développée. La perception émotionnelle de l’autre est instinctive. Cela a pour conséquence sur l’organisation psychologique une anticipation anxieuse.

Les peurs font parties de leur quotidien. Elles sont liées à la réceptivité et l’activité émotionnelle avec lesquelles il vit. Hyper vigilance et peurs externes prennent beaucoup d’énergie à cet enfant toujours aux aguets. Peurs internes plus profondes, plus archaïques qui proviennent de toutes les expériences enregistrées depuis sa naissance. Leur intensité, leur puissance, la violence dépendent et sont proportionnelles aux expériences vécues. Sentiment fréquent de grande solitude car l’entourage ne perçoit pas les mêmes choses. Le doute sur soi accompagne l’enfant dans ses expériences de vie. L’enfant est alors fragilisé.

La lucidité et le regard porté sur le monde empêche toute forme de « lâcher prise ». L’enfant a besoin de donner du sens à ses relations, aux autres qu’il perçoit avec leur fragilité, cela est source d’inquiétude.

L’estime de soi dépend en grande partie de l’image que l’enfant s’est construite de lui-même. C’est une construction difficile pour l’enfant surdoué qui doit s’accepter dans sa singularité et être accepté par les autres.

Dans la relation à sa famille l’enfant se sent parfois comme un vilain petit canard dans les environnements qui l’accueillent. Il peut alors se trouver dans un décalage identitaire préjudiciable à son développement.

Décalage dans son environnement sociale et scolaire. L’enfant vit des déséquilibres constants et incompréhensibles entre ce qu’il est et l’image que lui renvoie les autres de lui. Le mode de pensée si éloigné du système de pensée scolaire peut très vite le conduire à des difficultés voir à l’échec scolaire.

Décalage de rythme. Le tempo est un problème central de l’EHP. Le tempo est un problème central de l’enfant à haut potentiel. Il n’est jamais synchronisé au mouvement général. Il est en décalage permanent. En avance ou en retrait, en retard ou en arrêt.

Mécanisme de défense pour se protéger par la cognition l’humour ou le développement d’un mode interne hermétique aux autres. L’énergie que consacre l’enfant dans sa défense contre les émotions est usante pour son psychisme.

Le seuil de frustration est très faible ce qui correspond à une fragilité émotionnelle.

Recherche en permanence des limites pour calmer les grandes angoisses liées aux questions infinies.

Le mode de pensée de l’enfant précoce

Mode de pensée explicite plutôt qu’implicite. L’enfant ne perçoit pas toujours les contenants culturels de la pensée commune d’où la difficulté à résoudre certains problèmes en classe.

L’enfant a besoin de tout comprendre et de donner du sens car l’enfant ressent la nécessité de la précision absolue comme condition de fonctionnement sous forme de pensée.

Raisonnement logico mathématique inhabituel qui donne fréquemment des élèves doués en math (par contre difficultés d’apprentissage des tables de multiplication.) La logique utilisée échappe à la logique habituelle et souvent il est lui-même incapable de les expliquer.

Une pensée en arborescence qui active simultanément de multiples réseau d’idées. La pensée est toujours en marche à une vitesse parfois vertigineuse. Associations d’idées infinies, enchaînement d’idées effrénées. Association de pensées sans limite.

Activation d’idées exceptionnelles grâce à des interconnections multiples de pensées créatives avec une organisation cognitive de la pensée et une prédominance de l’hémisphère droit du cerveau (traitement global en image et simultané /mode visuo spatial/ Analogique et créativité émotionnel / Besoin de donner du sens.) Sur l’hémisphère gauche (traitement séquentiel élément par élément, analytique raisonnement logique.) L’enfant apprend sans travail d’élaboration mais ignore tout de ses métacognitions. C’est la conséquence des difficultés scolaires rencontrées autour de la classe de quatrième.

Capacité intuitive, l’enfant est incapable d’expliquer la démarche qui conduit à un résultat, il est créatif avec une pensée divergente et l’introduction de nouvelles idées. Ses résultats scolaires sont en corrélation avec l’affect qu’il a pour son enseignant. Ses mémoires à court terme et long terme sont plus importantes voir exceptionnelles chez l’enfant à haut potentiel. Il a besoin de complexité dans les apprentissages pour ne pas s’ennuyer et avoir de la jubilation cognitive.

Les troubles des apprentissages sont fréquents chez l’enfant surdoué, problème d’écriture,dyslexie, dysorthographie.

Les risques des troubles psychologiques chez l’enfant à haut potentiel intellectuel

Des troubles psychologiques spécifiques peuvent apparaître chez ses enfants souvent en lien avec une construction chaotique de l’image de soi. En effet comment se construire quand l’enfant est en décalage avec une partie de son environnement. Il se sent non reconnu dans sa singularité. Démarre alors des troubles du comportement, du sommeil, de l’alimentation, l’échec scolaire. Et vers l’adolescence des pathologies plus lourdes souvent compliquées par de la résistance thérapeutique.

La tendance anti sociale et les conduites psychopathiques signe chez le jeune précoce de la nécessité de ne pas penser. L’agir, la mise en acte sont privilégiés en lieux et place de la pensée.

Les conduites addictives drogue alcool et conduites à risque compulsives.

La dépression dont les formes spécifiques sont aussi inquiétantes que résistantes est la forme pathologique la plus fréquente. C’est une dépression sur du vide dont l’objectif est surtout de ne pas plus penser. Le monde des émotions est cadenassé. Il n’est pas triste mais lucide il ne souffre pas il analyse. Il n’a pas peur de la vie il la juge vide et sans intérêt.

L’inhibition intellectuelle ; pathologie des fonctions cognitives. Impossibilité à utiliser ses capacités intellectuelles. L’enfant va inconsciemment se saborder ce qui serait compatible à de l’anorexie mentale. C’est une attaque contre soi-même.

Le surdon défensif : un enfant présentant un trouble précoce de la personnalité peut sur investir ses capacités intellectuelles comme mécanisme de défense. L’intelligence est érigée comme barrière protectrice contre des angoisses destructrices et contre la sphère émotionnelle.

Une corrélation entre les jeux vidéo et l’enfant à haut potentiel

L’organisation cérébrale des enfants à haut potentiel correspond aux cognitions nécessaires à l’utilisation des jeux vidéo. Le jeu permet l’illusion d’un hyper contrôle qui fait défait dans la vie quotidienne.

Jouer sur un mode compulsif permet de calmer les angoisses, de penser différemment, de contrôler son avatar au prise avec un univers qui possède avant tout sa propre logique tout en canalisant son propre mode de pensée qui se trouve être incontrôlable dans la vie quotidienne.

Les jeux vidéo appréhendent différemment le raisonnement et le mode de pensée du joueur.

Le système scolaire fonctionne sous une forme hypothético-déductive cela signifie que face à un problème on prend le temps d’analyser sous tous ses aspects puis on émet une hypothèse que l’on tente de vérifier. Les jeux vidéo valorisent la prise de risque. Adieu la longue observation, le raisonnement et la démonstration et bienvenue à l’empirisme , l’essai-erreur, l’intuition et la rectification au fur et à mesure ! Ils stimulent les fonctions d’attention notamment visuelles et de résolutions d’énigmes. Ils favorisent la question de plusieurs tâches en parallèle.

Le jeu vidéo permet à l’enfant d’avoir l’illusion du contrôle de son environnement qui lui fait défaut dans la réalité, d’avoir à nouveau un sentiment de sécurité, et d’avoir ses fonctions cognitives qui répondent parfaitement aux différents niveaux de jeux.


Date de création : 19/11/2017 . 01:35
Catégorie : Troubles & Comportements - Enfants
Page lue 47 fois